THEATRE DU PUZZLE

THEATRE DU PUZZLE

Ayez très peur tranquillement, "Ils" s'occupent de tout !

AYEZ TRES PEUR TRANQUILLEMENT,

ILS S’OCCUPENT DE TOUT !

 

 

La peur n'a pas besoin d'hymne 02.jpg

 

 

Ayez très peur tranquillement, ils s’occupent de tout !

La France est en « Guerre », le chaos menace. On peut même se demander si nos villes ne vont pas bientôt ressembler aux grandes cités syriennes en ruine ou à des citadelles assiégées avec la police partout et des chars aux coins de chaque rue.

 

Mais, dans la tête, on y est déjà. Calfeutrons-nous. Rentrons vite chez nous après le travail. Faisons plein d’exercices de sécurité, d’évacuation, de confinement. Jouons au GIGN, ça amusera les enfants. Ne manifestons surtout pas, on pourrait devenir la proie facile de terroristes. Méfions-nous de toute personne passant le seuil de notre porte, même le livreur de pizzas qui a un drôle d’accent quand il parle dans l’interphone. Fermons à clé les portes de nos bureaux, de nos écoles, de nos usines. Derrière nos murs, on se sentira en paix. On flippera juste un peu en sortant. On ne sait jamais si des fanatiques n’attendent pas l’heure de sortie des classes pour perpétrer un grand massacre. Il faut avoir peur et être très vigilant. Le monde est dangereux. La mort guette partout. Et, surtout, restons enfermés !

Le reste, "ils" s’en occupent.

 

"Ils" ? Eh bien, ceux qui orchestrent tout cela.

Vous savez, quand on a fermé nos portes et que notre regard sur le monde ne passe plus que par le prisme de l’écran bleu. C'est ce que l’on croit être la vérité parce qu’on nous l'a dit droit dans les yeux sur l’écran hypnotiseur d’une télévision, comme on nous a affirmé il y a quelques années que l’armée irakienne était dangereuse et aussi puissante que l’armée israélienne (preuves photos aériennes à l'appui), tout cela pour justifier une intervention militaire qui a permis la conquête du pays en quelques jours, et surtout le contrôle des puits de pétrole irakiens par les grandes compagnies pétrolières occidentales.  Vous vous souvenez ? La fameuse guerre avec ses bombes ciblées sur de supposées usines d'armement et surtout sans victimes colatérales puisque chaque bombe tombait exactement sur son objectif. La guerre propre quoi ! La guerre rêvée ! Les morts, femmes et enfants surtout, on ne les verra que quelques mois, quelques années plus tard l'hypnose télévisuelle aura pris fin. Quand il était trop tard pour voir qu'entre le discours et la réalité, c'était le grand écart.

D’ailleurs, entre parenthèses, l’Irak va beaucoup mieux depuis ! N'est-ce pas ? Un vrai rêve de vacances… un peu exotiques il est vrai.

 

Quand les fenêtres sont fermées et que les yeux n’ont plus qu’un écran de télé pour regarder le monde, les « ILS » ont la vie facile. Alors que nous avons très peur tranquillement chez nous, eux, tout aussi tranquillement, continuent de gérer la planète à leur façon avec les mots apaisants, lénifiants  de la communication pour les « enfermés » que nous sommes, et les gestes très productifs pour la petite minorité qui compte les milliards de  dollars que cela lui rapporte.

 

 

asservir par les armes ou par la dette.png 

L'Europe nazie et la Communauté européenne qui ressemble de plus en plus à la communauté des financiers,

loin de l'idéal des visionnaires d'après-guerre.

 

 

C’est ainsi qu’au journal télévisé, entre la dizaine d'informations sur les morts des attentats de par le monde, les accidents mortels pendant les vacances de ski, l’émotion des commémorations pour les victimes avec notre Johnny national pour pousser la chansonnette et heureusement la bonne et heureuse nouvelle de la qualification de Bordeaux, Toulouse, Lille et du PSG pour les demi-finales de la Coupe de la Ligue, on apprend « un petit peu mais pas trop fort » que des types en rage contre la perte de leur emploi qui ont séquestré leur patron sont condamnés à 9 mois de prison ferme (rappelons que beaucoup de  politiciens bien corrompus attendent sans trop de crainte un éventuel procès pour des choses beaucoup plus graves). Le taux d’un certain livret va encore baisser. La justice abroge l’interdiction de sonder le sol pour des gaz de schiste dans la Drôme. Dans le cadre de l’état d’urgence, la police perquisitionne chez des militants… basques et écologistes, sans rapport avec le terrorisme. D’autres nouvelles encore, du même style, la liste est très longue.  On apprend tout cela « un peu mais pas trop fort », histoire de faire garder les yeux et les oreilles bien grands ouverts sur le terrorisme et les attentats, les informations-œillères qui laissent le champ libre aux classes dirigeantes pour mener «la plus grande offensive jamais menée depuis la seconde guerre mondiale contre les droits sociaux des peuples » (Noam Chomsky, philosophe, linguiste, déclaration du 17 octobre 2015). La belle et généreuse idée d'après guerre d'une Europe pacifique des peuples a été réduite à une peau de chagrin pour la majorité, et pour les privilégiés, à une Europe de la finance qui nivelle par le bas et par la peur pour enrichir davantage les plus riches. 

On va bien nous dire qu’il ne faut pas s’affoler. N’empêche, n’est-on pas en train de formater une génération d'apeurés bien obéissants, incapables de se révolter, de faire acte de résistance face à la mise en cause brutale du droits des gens et des peuples ?

 

Le poème « Je me suis tu » du pasteur Martin Niemöller à l’époque du nazisme prend étrangement un autre relief par les temps qui courent.

 

« Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes

Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit,

Je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs,

Je n’ai rien dit, je n’étais pas juif.

Puis ils sont venus me chercher.

Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose. »

 

Si nous n’y prenons pas garde, en sous-estimant ce qui est en train de se passer, on pourrait se réveiller trop tard. Quoi qu’on puisse en dire à ce moment-là, on ne pourra pas se justifier en estimant qu’on ne savait pas.  Parce que tout cela, on le savait déjà. On le saît déjà.

Martin Luther King disait : « Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, mais l’indifférence des bons. »

 

Martin Luther King - Ce qui m'effraie.jpg

 

Indignons-nous !

 

 

 

Pascal Marchand

 

 

Nos rêves sont plus forts que la peur..jpgr

Nos rêves sont plus forts que la peur

 

 

 

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En complément un autre texte écrit quelques jours plus tôt 

 

 

Au fait ! Comment appelle-t-on
 
une société comme celle-là ?
 
Une démocratie ?

 

 
Doucement mais surement, on y arrive. Une société où les droits basiques des populations sont complètement remis en cause commence clairement à pointer son nez.
L’état d’urgence a été décrété avec son cortège de lois d’exception et aussi ses abus.
Malgré les mots rassurants, une personne étrangère ou d’origine étrangère, encore plus quand elle a le teint basané et les cheveux crépus, apparaît potentiellement dangereuse. Le voisin Rachid, avec qui on discute depuis des années, avec qui on organise des barbecues sympathiques peut devenir suspect potentiel du jour au lendemain. Des contrôles facilités au nom de la sécurité peuvent aisément faire que Rachid sera dans les premiers visés. Délit de faciès ? Non bien sûr ! Mais, au nom de la sécurité, cela devient normal.
La police pourra défoncer votre porte à n’importe quelle heure parce que vote nom apparaît sur un portable en lien direct ou indirect avec une personne fiché S alors que vous ne le savez même pas et qu’on vous suspecte de collusion avec des djihadistes.
Soudainement me revient en mémoire un petit opuscule de quelques pages intitulé « Matin Brun”. Il est à relire de toute urgence car il raconte une histoire semblable à ce qui commence à émerger en ce moment.
De plus, la lutte contre le terrorisme de Daesh a aussi permis, grâce aux nouvelles lois d’exception, de perquisitionner chez des militants… basques ou écologistes. Quel est le rapport ? Aucun bien sûr si ce n’est l’opportunité qu’offrent des lois d’exception.
Pour notre « sécurité », les grandes manifestations sont interdites, permettant au passage d’empêcher l’expression d’un mécontentement. Tout cela pour notre bien, évidemment.
Les informations quotidiennes nous abreuvent surtout de morts et d’attentats, d’horreurs de par le monde, de peu d’espoir et une surdose d’émissions qui ressemblent plutôt à un lavage de cerveau, voire un vidage de cerveau, bref un bon mélange bien anxiogène qui génère de la peur et aussi de l’obéissance à une légalité qui n’a rien d’humainement légitime. On va même jusqu’à nous imposer Johnny Hallyday comme icône d’une France rassemblée face à la menace terroriste.
Dans les écoles, on prescrit avec précipitation une cure d’exercice d’évacuation anxiogène à souhait (justifiées par une situation de crise) pour simuler une attaque de l’établissement scolaire, sans réfléchir à l’impact psychique sur de jeunes enfants (ou peut-être si malheureusement). Il y a peut-être d’autre chose à faire avant cela, et surtout pas dans une urgence qui renforce la peur. On demande même aux enseignants de ne pas parler aux parents à la grille d’entrée d’un établissement scolaire pour mieux surveiller l’arrivée éventuelle d’un dangereux terroriste.
Pendant ce temps-là, les riches deviennent plus riches, les pauvres plus pauvres. Le chômage bat des records. Les salaires sont toujours bloqués et les charges augmentent. L’interdiction de prospecter du gaz de schiste est levée dans la Drôme pour le grand bénéfice de Total. Tout cela sort sur les réseaux comme des informations secondaires par rapport à Daesh.
On traite les conséquences sans en traiter les causes. Les monstruosités comme Daesh ne sont-elles pas nées d’une certaine façon de concevoir les relations internationales, l’aide au développement et le partage des richesses ? Les tenants du pouvoir politique, économique et financier ont de toute évidence une lourde responsabilité dans l’émergence de mouvements extrémistes dont ils se servent au gré de leurs besoins. Quels pays produisent et vendent des armes de guerre sur la planète ? D’où proviennent les armes de ces combattants qui n’ont plus rien d’humain ? Quelles perspectives les sociétés occidentales proposent-elles aux jeunes générations en dehors d’un monde de compétition et d’exclusion ?
Et le bon peuple accepte presque sans broncher, à force d’une persuasion médiatique forcenée qui s’apparente à de la propagande.
Mais n’y voyons surtout pas de manipulation bien sûr ! Plus besoin de penser, nos dirigeants s’en chargent, comme des pères bienveillants avec leurs enfants. Une version bien glauque du paternalisme.
Plus besoin de libre arbitre ! Dans une société en « guerre », les droits basiques n’ont plus leur place.
Au fait comment appelle-t-on une société comme celle-là, qui bafouent les droits d’une immense majorité pour l’enrichissement de quelques privilégiés, qui se sert de la guerre et des conflits internationaux pour relancer une machine économique qui, au final, n’enrichira que les élites déjà au pouvoir ? Est-ce réellement une démocratie ?
La peur devient un mode de gouvernance, le moteur d’un monde où une poignée décide pour les autres en faisant croire que c’est le peuple qui l’a voulu, ou qu’au moins le peuple est d’accord puisque les sondages le disent.
Je me souviens des mots scandés après le 13 novembre à la suite des attentats parisiens : « Continuez à sortir ! La vie doit s’imposer face aux menaces ! »
Quelques semaines plus tard, quelques mois plus tard, l’autre réalité s’impose. On nous dit qu’il faut avoir peur et accepter pour cela d’être dépossédé de ses droits de citoyen.
Dans un autre contexte, à une autre époque (le XIXème siècle), un président américain avait lancé une idée qui trouve ici un nouvel écho : « Si tu es prêt à sacrifier ta liberté pour plus de sécurité, tu n’obtiendras ni l’une ni l’autre. »
 
Les peurs ne sont que de petits monticules à qui l'on permet d'être de grandes montagnes. - Martin Prémont - Le cadeau.jpg Les peurs ne sont que de petits monticules à qui l'on permet d'être de grandes montagnes. - Martin Prémont - Le cadeau

 



16/01/2016
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