THEATRE DU PUZZLE

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Singall, une soirée de feu chez les Bonbis

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A force d’écrire sur Singall Gospel, on croit qu’on n’aura plus de mots pour essayer de raconter ce vertige incroyable, cette tornade qui saisit à l’intérieur de soi comme à l’extérieur avec ceux qui nous entourent.
 
Et puis, voici un nouveau répertoire de Sébastien Vaivrand ! Et vlan, il se passe quelque chose de neuf, d’inattendu. Ça ressemble à du Singall comme on le connaît. Mais c’est plus que du Singall. C’est un autre Singall qu’on n’avait pas encore vu. On croit qu’on va juste répéter ce plaisir si intense qu’on a déjà ressenti sur les scènes dijonnaises et d’ailleurs.
 
En fait, il se produit un étrange phénomène comme une méga dose d’une sorte de dope sans nom et sans danger aucun, bien au contraire, mais aux sensations démesurées qui fait qu’on se retrouve sur le parvis du Cèdre à minuit en se demandant encore ce qui vient de nous arriver. Shootés à la soul et au rhythm’n’blues bondissant, enivrés de « shout » et de Hey Hey Hey Hey, dans un son enfin retrouvé après une première soirée quelque peu frustrante de ce point de vue là, on se retrouve debout sous la voûte étoilée, crevés mais les yeux grands ouverts dans une nuit aux volets fermés derrière lesquels le monde dort à poings fermés.
 
Se coucher ? Il n’en est pas encore question. Ce serait une incongruité tant la tête résonne de ces images de choristes, classe haut de gamme dans les costumes impeccables, les nœuds- papillon de ministre ou d’ambassadeur, les robes noires affriolantes et les bijoux cliquant sous les projecteurs.
 
Une voix dans la tête pose la question crument :
« Et après ça, tu vas aller te coucher ? Comme ça ? Comme si tu rentrais du taff ? »
 
C’est pour ça qu’une voix lance tout haut ce que tous les autres pensent sans rien dire, debout dans la fraîcheur de la nuit :
« On fait quoi maintenant ? »
Parce qu’aucun ne veut partir à l’image d’un parent indigne qui abandonnerait son gosse après avoir fait la fête avec lui. Le gosse, c’est cet énorme concert, une nouvelle fois avec Singall, au même endroit que l’an passé. Un truc remuant, bruyant et joyeux, plein de désir, d’érotisme à peine suggéré, de sueur, de rires, de partage et d’envie.
 
Car ce fut un concert exceptionnel dans une grande communion musicale avec le public. Des morceaux qui n’en finissaient plus comme si on voulait à ces instants supprimer le mot fin du vocabulaire. Des danses et des chorégraphies tourbillonnantes jusque dans la salle, partie dancefloor, et même en haut vers les balcons et les places assises.
 
 
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Tous les choristes savaient que c’était le dernier concert au Cèdre pour cette année. Aussi, tout le monde (choristes comme musiciens) a tout donné de l’énergie renvoyée par le public, comme le public a tout pris de l’énergie envoyée par les artistes sur la scène. C’étaient les réponses vivantes des « Get ready ‘cause here I come »(Sois prêt parce que maintenant je viens !), des « Gimme some lovin’», des « Baby love I need you », des « Can’t hurry love / Juste have to wait / Love don’t come easy ».
 
“On fait quoi maintenant ?”.
 
C’est comme ça que quelques uns décident de se retrouver en ville dans une brasserie encore ouverte dans cette nuit avancée. Et là, on refait le concert, on parle et on rit. On se découvre aussi, autrement. Puisqu’on a le temps de parler d’autre chose. Puis quand le monde urbain ferme ses portes à deux heures du matin (car la nuit occidentale a imposé le mot fin), chacun s’en retourne chez soi pour un sommeil qui commence à pointer dans les regards fatigués.
 
Au matin, l’après Singall, c’est comme une gueule de bois. La tête encore embrouillée des images de la veille, des chansons qui tournent en boucle tel un juke-box dans lequel il resterait les mêmes morceaux reprogrammés pour un long moment. Et puis, il faut bien s’y résoudre : pas de répétition mardi soir, donc une dizaine de jours à attendre avant de retrouver les amis singalliens.
 
En attendant, il y aura les images, les films et les échanges virtuels sur les réseaux sociaux pour se dire encore tout le bonheur qu’on a pu partager ce week-end-là. Et ça aussi, ça nourrit l’âme d’un singallien… 
 
 
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15/05/2016
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