THEATRE DU PUZZLE

THEATRE DU PUZZLE

Sables

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Le petit pont de bois qui permettait de traverser la dune depuis le parking se laissait recouvrir par le sable. Les vents qui parcouraient la côte ramenaient sur les planchettes quelques monticules, comme si la dune cherchait à occuper de sa substance fine un intrus posé là contre son gré. Au loin, la mer lançait son chant de vagues et d'écume qui se terminait en silence sur le rivage avant qu'une autre lame ne le reprenne dans une suite infinie que même la nuit n'arrivait pas à interrompre.
Quand Tony déposa son véhicule sur le parking, il était déjà cinq heures de l'après-midi. La plage était déserte, au moins dans la partie qu'il pouvait apercevoir dans son champ de vision.
A peine eut-il posé le pied sur le petit pont qu'il sentit que cette soirée ne serait pas comme les autres. Une étrange sensation. Quelque chose qui dit que, pour une fois, la vie offrira autre chose que son habituel ennui...

(Et maintenant chers internautes, c'est à vous d'écrire la suite)

Dernière modification le 29-02-2008 à 22:04:42
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait...

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Dernière modification le 13-11-2013 à 10:55:39

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C'était donc elle ! Il aurait dû s'en douter. ça faisait si longtemps. Beaucoup d'années d'études sous d'autres cieux, d'autres amis, d'autres rencontres, le travail.
Avec elle et Gégé, c'était comme d'un autre siècle. Mais visiblement elle n'avait rien oublié, rien digéré. Des mots grossiers lui venaient dans la bouche . Il les ravala aussitôt, ça ne servait à rien d'en rajouter une couche. Gégé le gardien de ses nuits à elle était maintenant un fantôme qui la hantait toujours depuis sa mort accidentelle. A l'époque, juste après ce triste évènement, elle lui avait balancé que c'était de sa faute à Tony, que c'était un pari idiot de vouloir à tout prix aller à la mer à trois heures du matin après deux jours de folie , qu'il fallait parfois être raisonnable. Mais putain, Gégé avait insisté pour qu'ils le fassent quand même, qu'on avait qu'une vie et qu'il fallait profiter du moment présent. Tu parles : profiter du moment présent ! Un présent sans futur , oui !
Et maintenant 15 ans après, le passé ressurgit brutalement. Mylène, elle est là, face à lui, le regard froid comme du métal. Tony se dit qu'il a été con de venir. Mais maintenant qu'il était là, il devait faire face. C'est lui qui devait lancer la première banderille. Il devait rester maître des débats, à tout prix :
- Qu'est-ce que tu me veux ? lança-t-il, d'un ton très sec.


Dernière modification le 20-06-2008 à 00:03:24
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait...

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Dernière modification le 13-11-2013 à 10:56:04

Son adresse électronique ?
C’était quoi cette histoire de fêlé ?
Ça ressemblait à un film d’Hitchcock. Avec un héros comme Gary Cooper ou James Stewart, rien à dire. C’était même très fun. Mais là, ça frisait le film d’horreur. Il se demandait même s’il ne rêvait pas. Si C’était bien Mylène, là, juste devant lui. Ses yeux se perdaient sur sa chevelure rousse tandis qu’au loin le soleil se teignait d’orangé pour amorcer sa courbe descendante. Une façon soft de colorier son cauchemar.
- Qui ? lui demanda Mylène.
- Quoi « Qui » ? rétorqua aussitôt Tony.
- Eh bien le fêlé qui m’a envoyé ce message ?
- Mylène, je t’assure que je n’y suis pour rien. Jamais je n’aurais osé faire un truc aussi tordu, aussi malsain. Je te promets. Je ne comprends pas.
Tout se mélangeait dans la tête de Tony. Le présent, le passé, la vie, la mort.
Non quand même, ça ne pouvait pas être Gégé. On n’envoie pas de message d’outre-tombe, encore plus avec sa messagerie à lui, Tony. Cette idée lui glaça le sang. Il l’esquiva aussitôt. Quand il reprit ses esprits, Mylène s’était allongée sur le sable comme autrefois. Il se posa à ses côtés sans un mot. Ils restèrent là un bon moment. Le vent marin leur caressait le visage. Leurs yeux fermés chassaient les douleurs revenues, l’écheveau des peurs d’un autre temps.
Puis d’un coup, Mylène se leva.
- Je rentre chez moi. Si tu veux vraiment me voir, trouve d’abord la réponse à ma question. Sinon, ce n’est même pas la peine de frapper à ma porte.
Elle disparut aussi vite qu’elle était apparue. Tony resta allongé sur le sable à contempler le ciel alors que la nuit commençait à tomber. Un quart d’heure plus tard, il rejoignit son véhicule. Sur le chemin du retour, il n’alluma pas l’autoradio. L’agitation de son esprit était suffisante comme animation. Sa mémoire jouait les flics à la recherche du moindre indice pour comprendre, le plus petit élément qui lui aurait échappé. Des visages défilaient devant ses yeux. Des voisins. Des amis malveillants ? La famille. Les proches de Gégé qui auraient peut-être su à propos du pari. Le frère de Gégé, Bertrand. Non cela ne tenait pas debout. Cette agitation de l’esprit n’amenait à rien de probable. La seule certitude qui s’affichait en grand devant lui : c’était que sa maison ne lui offrirait pas de véritable abri ce soir…

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Dernière modification le 13-11-2013 à 10:56:20

Quand Tony se réveilla, tout était blanc autour de lui. Il imagina un instant qu’il était au Paradis. Et puis cette idée, comme beaucoup de celles qu’il avait eues ces derniers jours, lui parut stupide. Il ne croyait pas en Dieu, encore moins à ce moment. Son corps était lourd. Il se sentait épuisé. Seuls ses yeux étaient encore capables d’avaler des images de l’extérieur. La connexion au cerveau prenait un peu plus de temps que d’habitude, mais elle était là et c’était l’essentiel. Parmi ces images mobiles captées par la rétine, il y avait celle d’une dame en blouse blanche s’approchant de lui. Au début, il crut que c’était Mylène car elle était rousse. Quand elle fut juste à côté de lui, il se rendit compte que non. La ressemblance n’était pas aussi frappante. Il se dit qu’à force de gamberger, tous les gens, dans son esprit, finissaient par se ressembler. Il aurait pu tout aussi bien voir Fernand Girardin avec une perruque. Encore une idée stupide. Il n’en n’était plus à une près.
- Comment allez-vous, M. Josso ? demanda l’infirmière, vous avez heurté un arbre dans le bois des Olivettes.
- Je n’ai pas heurté d’arbre, répliqua mollement Tony, ce sont eux qui se sont coalisés pour m’empêcher de continuer ma route…
L’infirmière amorça une moue du visage que Tony coupa aussitôt d’un :
- Je sais. J’ai dit une connerie. De toute façon, ces jours-ci, je ne fais que ça. Y a quelqu’un qui cherche à me nuire. Je ne sais pas qui. Et ça, c’est pas une connerie. J’ai l’impression de devenir fou.
- Reposez-vous M. Josso. On en reparlera plus tard. Le plus important pour le moment, c’est de vous reposer. Le reste viendra bien assez vite.
Et la jolie rousse quitta la chambre, après avoir vérifié la courbe de température. Le reste devait venir assez vite, en effet. Une minute à peine après le départ de l’infirmière, on frappait à la porte…

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Dernière modification le 13-11-2013 à 10:56:35

Gégé avait l’air d’être dans une forme du tonnerre. Pour un mort, il ne ressemblait pas à un mort-vivant, enfin ceux du cinoche avec leurs yeux globuleux, les lèvres qui bavent, la peau vert crade, recouverte de terre et les bras raides droit devant eux.
- Tu nous as fait une de ces trouilles, tu peux pas imaginer, dit Gégé, quand le vieux Fernand nous a dit qu’une ambulance t’avais emmené à l’hosto, on est venus tout de suite…
- Le vieux Fernand ? Fernand Girardin ?
- Ben oui ! Qui veux-tu que ce soit d’autre ? Fernand Josso ton arrière arrière grand-père qui a péri en mer avec son fils ? Non. C’est l’père Fernand. T’vais bu y paraît…
- Mais non, j’t’assure. Juste une petite bière. C’est tout. Je me souviens juste que j’étais fatigué. Quelque chose me tracassait. J’sais plus quoi.
Mylène émit un léger sourire et lui parla avec beaucoup de douceur.
- Je sais que tu n’étais pas dans ton assiette. A certains moments tu étais un peu absent. Même sans boire une simple bière, tu n’aurais jamais dû prendre la voiture. J’ai voulu te le dire, mais tu étais déjà sur la route.
- Où est-ce qu’on était ? demanda Tony, inquiet de ne plus pouvoir relier les fils de cette histoire.
- Au bar-restaurant du Vieux Léon. On fêtait l’anniversaire de Bertrand, le frère de Gégé.
Tout cela n’avait aucun sens. Tout était emmêlé dans sa tête. Rêves et réalités. Rêves ou réalités. Peut-être même que le rêve, c’était Mylène et Gégé juste devant lui dans la chambre de l’hôpital, qu’il n’y avait jamais eu d’accident, pas d’arbres coalisés, pas d’arbre heurté. Peut-être que Gégé n’était qu’un fantôme et qu’on pouvait passer sa main au travers de son corps. Sans doute encore une de ses idées stupides du moment. Tony ne chercha même pas à vérifier cette hypothèse. Si elle ne s’avérait pas juste, il se serait senti encore plus con qu’il ne se l’imaginait.
- Tiens, au fait, j’ai reçu un SMS aujourd’hui, a rajouté Gégé, Ça te concerne aussi. Ça disait : « Repose sous la terre " Ensemble à jamais pour que l'équilibre perdure...". Préviens aussi Tony » C’était signé « le Gardien ». J’ai rien compris. J’ai pensé que tu aurais m’expliquer un p’tit peu, histoire de pas crever idiot. »
Et il éclata d’un grand rire qui résonna dans la tête de Tony comme une explosion à Bagdad.
- NOOOONNNN ! hurla Tony, avant de tomber brutalement sur le sol et de perdre connaissance.
Aussitôt branle-bas de combat dans le couloir. Médecin, réanimateur, infirmières. Gégé et Mylène furent évacués de la chambre avant même d’avoir prononcé le moindre mot, avant d’avoir émis la moindre question.
Quand Tony se réveilla, il faisait nuit noire. Il régnait un grand silence dans l’hôpital. Un calme absolu pour que les patients se reposent… « Repose sous la terre « Ensemble à jamais pour que l’équilibre perdure. ». Tony se leva d’un coup, les yeux exorbités. Pour lui, la nuit s’arrêtait là, même à deux heures du mat’…


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Il avait chaud, terriblement chaud, comme si le Diable en personne était venu s'amuser à ses dépens. Le SMS énigmatique trottait toujours dans sa tête. Tony était assis sur son lit, le corps en sueur. Décidément il faisait très chaud. Il lui semblait même voir de la fumée s'infiltrer dans la chambre en provenance du couloir. Puis il entendit des cris "Au feu ! Il faut évacuer l'hôpital !" ça semblait courir dans les couloirs. Il semblait aussi que les infirmières poussaient à toute allure les lits des malades en direction des issues de secours. A ce moment, la porte de la chambre s'ouvrit d'un coup. C'était l'infirmière rousse de ce qu'il avait cru son rêve (si tout au moins, ce qui se passait n'était pas un rêve).
"Ne vous inquiétez pas, dit-elle, tout ira bien. Restez allongé, je vous emmenène vers l'extérieur."
Quand Tony se retrouva dans le couloir, une fumée grise et épaisse commençait à envahir les lieux. Il faisait de plus en plus chaud, et des ombres paniquées traversaient les couloirs au pas de course. Tony était incrédule, il n'avait pas spécialement peur. Simplement il ne comprenait rien. Pourtant il n'y avait plus de doute : l'hôpital était bel et bien en train de flamber...

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait...


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